Médias : Traitement médiatiques des attaques terroristes

Aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri des attaques terroristes, comme on l’a vu suite aux attentats de Nice. Face à ces évènements, les médias n’ont pas eu le temps de réflexion pour définir une stratégie de traitement de l’information.  Comment les médias sont supposés agir pour couvrir les attentats ? Que faut-il montrer ou ne pas montrer ?

La chaine France 2, attentat de Nice 

Lors des attentats de Nice, la couverture de la chaine France 2 de cet acte tragique a été au centre des critiques. Causes : diffusion d’image brutales, des témoignages sous le choc, sans filtre et sans révision.

Sous la pression de l’immédiat, les journalistes s’empressent à arracher les témoignages sans vérifier la stabilité de leurs sources. Le rédacteur en Chef de France 2, Olivier Siou, a réagi face aux critiques en publiant le texte suivant sur son compte twitter « C’est parce qu’il n’y avait pas d’images du Pentagone le 11/09 [11 septembre 2001] que les théories du complot ont émergé. Vous voulez la même chose ? », en ajoutant que « aucune image de victimes, aucune image de morts ni de blessés, rien dans ces images ne justifie qu’on les censure ».

France télévision, a expliqué que France 2 a commis une erreur de jugement, et que le traitement de l’information s’est fait sous des circonstances particulières. D’autre médias ont été également critiqués pour les mêmes raisons et le Conseil supérieur de l’audiovisuelle (CSA) a été appelé pour intervenir.

Former les journalistes

Selon Grégoire Lemarchand, qui est la charge des réseaux sociaux de L’Agence France-Presse, il est temps d’apporter une formation complémentaire aux journalistes pour « qu’ils acquièrent une plus grande maîtrise pour vérifier les infos et images qui circulent ». De plus, Nicolas Vanderbiest, analystes des réseaux sociaux, souligne l’importance de la crédibilité et la responsabilité des journalistes. Ces derniers, confirment les faits et doivent se baser sur des données réelles.

La réflexion collective, conseille les journalistes de prendre de la distance en rapportant les faits sans entrer dans les émotions pures, en direct. Audrey Crespo-Mara qui présentait l’info au lendemain de l’attentat de Nice, a expliqué que sous ces conditions le journaliste doit maintenir son calme et « ne pas avoir le mauvais ton ou la mauvaise attitude qui peuvent choquer ».

Les médias traditionnels et réseaux sociaux 

Les médias traditionnels, doivent-ils censurés les images dites choquantes, alors qu’elles sont accessibles sur tous les réseaux sociaux ? Plusieurs, jugent que c’est encore nécessaire de protéger les téléspectateurs contre la violence et les scènes brutales, qu’il faut principalement respecter les victimes de ces actes terroristes. Les témoins doivent être approchés avec beaucoup de délicatesse et de rigueur.  « C’est toute la difficulté du métier, (…) on se pose la question, notamment quand on est dans les chaînes d’information en continu. La difficulté, et notre devoir sur LCI, c’est de prendre le temps de vérifier des informations, de ne pas courir après » déclare Audrey Crespo-Mara qui est également le joker des JT de week-end de TF1.

Même si les réseaux sociaux offrent l’information en direct, il faut faire attention aux fausses nouvelles, et aux trucages. Les médias traditionnels sont appelés à être plus prudents dans leurs démarches. « Les médias traditionnels seront capables de contextualiser les informations, d’expliquer les choses. Pas ceux qui sont les premiers à montrer la vidéo du camion fonçant sur les gens. » souligne Alain Saulnier, l’ex-directeur général de l’information à Radio-Canada.